LE CORPS DE L’ÉCRITURE
Jeanne simone invite ANTOINE MOUTON
du 12 au 16 janvier 2026 à Bordeaux
(dé)formation de 35 heures organisée en partenariat avec I&M Académie, organisme de formation agréé à Montpellier.
Prise en charge Afdas, autre OPCA et auto-financement possibles.
Pour candidater : merci d’envoyer CV et lettre de motivation au plus tard le 16 novembre 2025 à contact@jeannesimone.com
C’est au travers de Chômage monstre que Laure Terrier plonge dans l’écriture d’Antoine Mouton. Sa façon d’aborder le quotidien par l’absurde, de gratter nos tréfonds intimes à la peau du monde, avec l’air de ne pas y toucher du tout, résonnent fort avec l’approche chorégraphique et spatiale de Jeanne Simone : une poésie qui éclaire nos vulnérabilités et joue des obstacles de la vie ordinaire.
Ensemble, il et elle créent Animal travail – ou comment l’observer sans faire de bruit (2025), une pièce de texte, de corps et de sons dédiée à l’espace public, dans laquelle Antoine Mouton est aussi interprète.
Jeanne Simone invite cette fois Antoine Mouton à transmettre ses manières d’entrer en écriture lors de cette semaine de formation.
les enjeux de cette (dÉ)FORMATION PROFESSIONNELLE
Pour Antoine Mouton, l’écriture est une pratique physique. Nous entrons en relation, par la main, avec ce que nous écrivons. Une virgule peut nous donner beaucoup de joie, un point d’interrogation nous soutenir à la fin de nos phrases sans réponse, à la manière d’une canne dans la main d’une personne qui ne voit pas où elle marche.
On part à l’aventure avec des lettres, des figures de style, de la ponctuation, du vocabulaire, des conjugaisons. Il ne s’agit pas seulement d’écrire ce qu’on pense, ce qu’on a déjà pensé et que le texte viendrait restituer, mais de penser avec l’écriture. D’accompagner la pensée par ce geste de la main, par les traces de l’écriture sur la page. De suivre l’écriture jusqu’où elle nous conduit, et de découvrir ce qu’on en pense.
Cette (dé)formation invite à traverser les composantes de l’écriture du poème : le sens, le son, le rythme, le sujet, la méthode, le lieu, le temps ; et comment les pratiques somatiques peuvent servir d’appui pour sentir l’endroit où se joue la langue en nous. L’endroit du corps depuis lequel elle peut s’écrire. Et celui depuis lequel elle s’écrie.
Elle proposera ainsi de circuler entre le corps, le texte et la voix. Dire, écrire, bouger. Et à chaque fois sentir. Les différences, les écarts, les coïncidences.
elle s’adresse
… aux professionnel-les qui désirent développer un rapport singulier, vivant, physique à la langue. Il s’agira surtout d’expérimenter, pas d’aboutir.
A la fin de la formation, les participant-es repartiront avec des pistes de travail pour elles et eux-mêmes.
On peut vouloir écrire des livres, des textes pour la scène, des textes à coller sur les murs, des choses pour soi, des textes autonomes, des textes qui accompagnent d’autres formes. Tous les genres d’écriture sont les bienvenus, même ceux qu’on n’a pas encore bien identifiés.
nos objectifs pédagogiques
- Reconnaitre en soi la physicalité de sa langue et la corporéité de son écriture. S’y appuyer pour écrire.
- Expérimenter la fabrication d’un texte.
- Déployer une langue originale pour affirmer un univers singulier.
- Développer un esprit critique et réflexif.
- Construire ses propres méthodologies pour mener une démarche d’écriture personnelle.
- Inventer des protocoles d’écriture, les expérimenter pour inventer d’autres adresses avec les publics.
- Développer son écoute des textes des autres, et construire une posture critique qui ne se réduit pas à la seule opinion, mais fait preuve de compréhension et d’empathie, afin de pouvoir travailler sur ses propres textes avec la même exigence.
antoine mouton, auteur
Depuis 2004, il a publié onze livres, des romans, des poèmes, des récits, des textes sans genre précis. Il a été membre du bureau de lecture des Fictions radiophoniques de France Culture, puis du comité de lecture du théâtre de la Colline, où il était aussi libraire. Il enseigne à l’Ensatt à Lyon, auprès des écrivain-es dramaturges, et à la Fai-ar à Marseille.
Il donne régulièrement des lectures de ses propres textes et anime des ateliers d’écriture dans des écoles ou des hôpitaux psychiatriques, des médiathèques et des centres sociaux.
Il ne pense pas que l’écriture se réduise à la production de livres. Écrire est une façon de s’inscrire dans le monde, dans le temps, dans la société.
Ses publications : Au nord tes parents, La Dragonne, 2004 – réédition La Contre Allée 2024 – Prix des Apprentis et Lycéens de la région PACA // Berthe pour la nuit, La Dragonne, 2008 // Où vont ceux qui s’en vont ?, La Dragonne, 2011 // Les Chevals morts, Les Effarées, 2013 – réédition La Contre Allée 2022 // Le Metteur en scène polonais, Christian Bourgois, 2015 – Points 2017 – dans la dernière sélection du Prix Médicis // Chômage monstre, La Contre Allée, 2017 // Imitation de la vie, Christian Bourgois, 2017 // Poser problème, La Contre Allée, 2020 – Prix COPO // Toto perpendiculaire au monde, Christian Bourgois, 2022 // HKZ, le livre du revenir, Ypsilon, 2023 // Nom d’un animal, La Contre Allée, 2025
Laure Terrier soutiendra le cheminement entrepris, à l’ombre de l’anthropologue Tim Ingold et de sa Brève histoire des lignes. Elle reliera, par les pratiques somatiques, la pratique de l’écriture à celle du mouvement du corps, l’espace de l’écrit à celui du milieu, là où le corps se meut, manières de sentir ce qui s’écrit de soi au monde et réciproquement.